Contrairement à une erreur longtemps perpétuée, Saint-Léger a eu trois châteaux et non pas deux. Le deuxième château fut commandé par le roi Henri II. Philibert DELORME réalisa en partie cet édifice dont les plans ont été reproduits par Du Cerceau. Ce n'est qu'en 1977 qu'une équipe de chercheurs en a découvert et fouillé le site. Cet ouvrage bien qu'inachevé fut une merveille de technique de construction qui a fait école. Bien que la cour continue de l'utiliser, Sully, en bon administrateur, a compris que ce château ne fera jamais une résidence royale. En 1608 des travaux sont entrepris pour le transformer en haras.

L'origine des Haras est en fait très ancienne. Déjà, en 1053, des documents prouvent que l'on élevait de nombreux chevaux dans la forêt. En 1238 et en 1248 des cessions amènent un regroupement d'élevages au sein de la famille de Montfort. Le comte André de Foix établit un véritable haras à la Châtellenie de Saint-Léger. Louis XIV ayant ordonné la démollition du château en 1667 le haras fut transféré du haut du village vers le bas, puis ensuite transporté définitivement le 27 mars 1715 aux Pins en Normandie.

Tout au long du 17° siècle, le haras de Saint-Léger eut une grande importance avec au moins 600 bêtes réclamant les soins d'un capitaine et de nombreux valets. Son implantation englobait outre le château, le Parc d'En Haut, encore visible près de Montfort, le Parc d'En Bas, la Harasserie, la ferme du Clos Regnard (nom actuel Clos Renard), la métairie des Basses Mazures, le moulin et l'étang du Planay (actuellement Planet), l'étang Poulain, la ferme des grands coins, le moulin de l'Archet et de nombreuses autres terres. C'est dans ce haras que sont apparues les professions telles que vétérinaires, barbiers-chirurgiens du roi (c'est-à-dire médecins), apothicaires (pharmaciens), officiers des Haras, palefreniers, maréchaux-ferrants, bourreliers, selliers. On peut affirmer que ces Haras Royaux de Saint-Léger sont les ancêtres des actuels Haras Nationaux, en particulier ceux des Bréviaires, commune voisine de Saint-Léger.

Le cheval est toujours resté activement présent dans la région de Saint-Léger grâce aux chasses à courre, et aujourd'hui grâce aux nombreux élevages et centres hippiques qui prouvent la démocratisation de la pratique des sports équestres.

 

Le troisième château fut construit sous le règne de Charles IX pour le comte du Duc d'Anjou, futur Henri III. Il servira de base au haras après 1668. Il s'agirait au départ d'un rendez-vous de chasse construit par le maître maçon Jean Pothier sur ordre de Philibert Delorme. Il aurait été complété en 1569, de l'autre côté de la vallée de la vesgre, par une écurie monumentale, avec galerie et corps central en forme de dôme. Il est connu qu'il abrita les différents capitaines des haras. Felix LORIN, parlant du château, relate que « ce devait être un beau château tout à fait confortable : en effet, pendant le cours de l'année 1742, Louis XV vint coucher vingt huit jours à Saint-Léger. Il y venait accompagné d'une quinzaine de courtisans. Au mois de juillet de cette même année il y passa le mois tout entier ».

Le château du Duc d'Anjou, le château du bas¸ a été définitivement détruit en 1875. Il en subsiste, sur la route de Condé, une porte blasonnée, dont les fleurs de lis ont été mutilées, et un petit pan de muraille au curieux appareillage de brique et pierre en damiers. Il en reste aussi les douves dans ce qui s'appelle maintenant le canal.